mercredi 27 août 2014

La Frayeur

Aujourd'hui tout va très bien mais nous avons eu une frayeur il y a a un mois et demie.

8h30, un vendredi matin d'été, échographie de monitoring de l’utérus pour voir si, après le traitement d'essai dans le cadre de la FIV DO, mon endomètre est assez épais. C'est un vendredi de travail, il fait beau, une belle journée s'annonce, j'ai prévu ensuite plusieurs rendez-vous professionnels.

Bon et bien je ne suis pas allée travailler, je me suis effondrée psychologiquement et physiquement. J'étais toute seule et perdue lorsque l'échographe a dit :
Elle : « Cet ovaire il a eu quelque chose ? Il a été opéré ? »
Moi : « Non, il a juste eu des ponctions dans le cadre des FIV. Il est gros parce qu'il y a un kyste de 7 cm (oui il fait la taille d'un citron) mais on m'a dit qu'on n'y toucherait pas, c'est de l'endométriose »
Elle : « Pour moi ce n'est pas juste de l'endométriose, il y a autre chose. Je vois un endroit très vascularisé et avec des végétations, des tissus . Ici, ça n'existe pas normalement. En plus les membranes de ce kyste sont épaisses et irrégulières ».
Moi, commençant à me décomposer : « Écoutez, j'ai passé une IRM il y a un mois et demie et on ne m'a pas du tout parlé de ça . Vous me dites quoi là ? »
Elle : « Ça nous, on n'aime pas. Quand on voit ça on n'hésite pas, on ouvre et on regarde. Je conseille une cœlioscopie exploratrice. On ne voit pas tout avec des IRM, il faut utiliser des produits de contraste. Il faut que vous alliez voir rapidement un gynécologue pour un avis spécialisé »

Le ciel me tombe sur la tête, entre les lignes elle m'annonce ce qui ressemble à une tumeur. Je fonds en larmes dans la salle d'attente. Je trouve un couloir pour tenter d'appeler mon mari et mes collègues. Je n'arrive pas à sortir un mot, juste des sons stridents, je suis en état de choc.  Heureusement pour passer mes messages, en 2014, les textos existent. Le Man' est à la maison encore (il est tôt pour lui). Il comprend que ça ne va pas et prend sa matinée puis graduellement sa journée. 

Après une heure d'attente si pénible où j'aurais eu besoin d'un câlin de mes proches par exemple, le compte rendu est faxé au CHU. J'arrive à me concentrer pour rentrer en voiture jusqu'à chez moi et le Man' me serre fort contre lui. Je pleure, il est au bord de larmes. La journée est longue. On regarde la télé. On oscille entre peur, confiance, face à ce diagnostic unique en son genre. On essaie de se raisonner mais le doute est là.

Dans l'après midi, le médecin traitant commence à nous rassurer nous disant que parfois les cabinets d'échographie aiment les « belles images » et qu'un cancer de l'ovaire c'est très rare à mon âge. Le petit vélo dans ma tête se dit que « rare » ne veut pas dire « jamais ».

Entre temps, j'appelle le service du don d'ovocyte. La sage femme a déjà contacté la gynécologue de garde après la réception du fax. Elle tente de me tranquilliser face au discours et aux inquiétudes qui ont été levés dans la matinée. Ses paroles sont apaisantes et l'avenir devient un peu moins angoissant. Dans la soirée, elle nous rappelle pour nous dire que la gynécologue de garde a déjà vu des situations cliniques d'endométriose s'approchant de la nôtre.

En vrai, fine psychologue, elle commence par me dire que mon utérus est parfait pour envisager une FIV DO mais ça je le prends juste en note. Ce n'est plus ma priorité. Un rendez-vous nous est donné au CHU à 8h30 le lundi  pour décider de la suite en fonction des clichés d'imagerie.


Nous passons le week-end chez des amis. Autant dire qu'il nous changent les idées mais que l'esprit et le cœur n'y sont pas tout le temps. Enfin, on se raccroche à des histoires comme la nôtre qui nous sont racontées et pour lesquelles en fin de compte il n'y avait rien, juste des radiologues aux diagnostics trop avancés.

Lundi 8h30, rendez-vous au CHU un peu en" guest star" car les sages femmes sont toutes au courant et nous accueillent chacune en prononçant notre nom. Je me tords de crampes abdominales tellement je suis angoissée.
La gynécologue nous reçoit entre deux opérations au bloc opératoire. Souriante, en 1 minute elle lève tout doute  : "Ce n'est qu'un caillot d'endométriose, ça arrive parfois. Il est détecté sur l'IRM, la masse n'a pas grossit, se situe au même endroit dans l'ovaire, ça ne va pas du tout dans le sens d'une tumeur. Ce qui a été pris pour des végétations c'est ce caillot". Elle efface les arguments de la radiologue : "l'IRM c'est plus précis qu'un échographie et ses parois irrégulières et épaisses car elle sont liées à son ancienneté".

Je ne peux ajouter qu'on la remercie, qu'on est soulagé. J'éclate en sanglots, j'évacue.
9h30: le Man' part au travail; 10h : J'attends que ma boutique de perles ouvre; 14h : Je reprends le travail  à mon tour, avec un énorme sourire. Je suis émue, je suis heureuse d'être devant mon bureau alors qu'on avait annuler tout mon planning de la semaine. Je suis aussi en colère contre le cabinet d'échographie où je ne mettrais plus les pieds.

Un mois après le Man' se demande si quand même on ne devrait pas avoir d'autres avis. Il me remet" la trouille". On n'est pas docteur mais il se dit qu'on sait jamais, que je pourrais faire peut être une biopsie pour vérifier. Mince, il doute encore. Nous avions demandé à la gynécologue qui nous suit pour la FIV avec don de regarder nos clichés. Elle l'a fait et a même demandé un avis à un chirurgien.

Trois réponses identiques : "Ce n'est qu'un kyste d'endométriose et on n'y touche pas car on recherche une grossesse. Il ne gène pas sur une FIV avec don".

Fin de cet épisode estival à rebondissements.

Comme me l'a dit Marion, c'est la bien la première fois que je peux me réjouir d'avoir de l'endométriose!

5 commentaires:

  1. Pfiouuuuuu... Quelle histoire et quelle peur ! Ouf, tout va bien !

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  2. Enorme frayeur... Tout s'est bien fini, mais quelle peur... et quelle erreur à l'échographie.
    Bon courage

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  3. Le meilleur est à venir, je suis émue pour vous toute cette attente semble enfin prendre une tournure positive!

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  4. Quel soulagement ces trois avis de gynécologues... Comme tu me l'a souvent dit il faut continuer de profiter delà vie en attendant l'arrivée de nos futurs petits bouts. Alors profite, profitez, l'aventure continue. Tous les possibles sont encore devant nous...

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Vos petits mots me font toujours plaisir :-)