dimanche 12 mai 2013

Renoncer encore et lâcher prise

J'ai vraiment traversé des moments difficiles en avril. Je me suis sentie retournée, bouleversée, chamboulée, plus qu'à fleur de peau, un peu sur la pente de la tristesse qui ne remontait pas.

Ça a commencé après le rendez-vous avec la collègue du Grand Doc, j'ai posé cette question toute bête au vus de mes examens sur les réponses immunitaires de mon utérus : " D'après vous, il y aurait une chance pour une grossesse naturelle?" J'ai compris que c'était peu probable et dès lors le lendemain a été compliqué. 

Une journée où je ne travaillais pas, une journée à ressasser mon entretien médical. Une journée de larmes, de peur, de deuil je crois. Une journée un peu "à côté de la plaque" et à me dire que j'étais très peu fertile. Je le sais depuis longtemps mais ça m'a semblé encore plus clair qu'avant. 

Depuis trois mois j'avais été obligée de faire des tests d'ovulation et depuis je continuais, ayant même décidé d'acheter une magnifique machine à allumer tous les matins, le nec plus ultra des tests de fertilité. Je pensais que vraiment ça allait nous aider. A détecter le pic ovulatoire peut être, mais à faire en sorte que mes ovules soient de bonne qualité et en plus à ce que mon utérus soit accueillant, c'était juste une illusion.

Il faut vraiment que je me le dise : Je suis très peu fertile. Je n'ai pas les mêmes chances de conception que la moyenne des femmes. Moi, je grève les statistiques de fécondité des femmes françaises, premières en Europe pour le nombre de naissances par an et par habitant.

Le week-end, je me suis répétée que je n'étais pas toute puissante, que je ne pouvais pas changer la nature, qu'il fallait composer avec mon potentiel pour une prochaine FIV peut être ou encore le don d'ovocyte. 

La puissance se trouve peut être du côté de la science, mais pas de moi-même. Le renoncement m'est nécessaire pour avancer, je l'avais un peu fait et puis je suis repartie en arrière.

J'ai mis au placard ma petite machine, je vais juste l'utiliser pour compter la durée de mes cycles en l'allumant le premier et le dernier jour. Il n'y aura plus de recherche des moments sensés être les plus fertiles. Je ne  veux plus savoir si je suis à J12 ou J16, je veux oublier ce diktat que je me suis imposée, qui ne me convient pas, dans lequel je me perds. Je ne veux pas envisager de booster ma fertilité avec des comprimés à base d'huile ou des graines de plantes. Je veux juste arriver à lâcher prise.

5 commentaires:

  1. Coucou
    C'est très dur, je l'imagine très bien.
    Ça me fait réfléchir encore plus sur certaines possibilités.
    Puisqu'il faut attendre, et bien attendons, avec toujours autant de pensées et de soutien.
    Bisous

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    1. Bisous à toi aussi. La porte de la réflexion reste ouverte aussi ici.

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  2. Bonsoir.
    Je viens de lire ce billet, je ne l'avais pas perçu ainsi l'autre jour.
    De tout cœur avec vous, et comme tu dis la science est là pour vous aider. Je te souhaite de continuer à avancer, courage ma belle.

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    1. De lire ou de re lire? C'est sur que nous avançons, je le sens, la grande tristesse sert elle aussi à passer des étapes. Après quand le moral est de retour c'est ce que je me dis.
      J'ai revu ma gynéco depuis. Elle a une sacrée pêche. Çà fait du bien

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  3. Je suis très émue par votre situation et vos divers récits car, avec mon époux, nous sommes dans la même situation, sauf que c'est mon handicap physique qui m'interdit de concevoir un enfant.. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet car je ne souhaite pas détailler mon histoire en public, mais n'hésitez pas à me contacter en privé pour discuter de cette situation similaire... Caroline.

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Vos petits mots me font toujours plaisir :-)