lundi 5 février 2018

Débat sur les lois de bioéthiques et de la PMA avec donneur

Je viens d'avoir le transfert de notre dixième embryon. Je dis "notre" mais il est issu d'un don d'ovocyte. Pour moi c'est clairement notre embryon car il évolue (j'espère encore) en moi. Nous avons bénéficié d'un don d'ovocytes ce que j'associe à un don de gamète, une don de cellule. En plein débat sur la bioéthique la médiatisation d'enfants issus de dons d'ovocytes ou de sperme à la recherche de leurs origines (origines génétiques ?) m'a troublée, m'a gênée et m'a fatiguée. 
Pour moi il est très clair que si cet embryon veut bien d'accrocher, si cet enfant je le porte, j'en serai la mère biologique à part entière et sa maman.

On a fait notre demande de don avec les lois actuelles. Nous avons eu quatre entretiens avec le psychologue du CHU. Comme il nous l'a dit nous pourrions expliquer notre genèse commune à notre bébé avec les mots suivants : " Une dame est venue à l’hôpital pour donner des graines qu'on a mélangées à celles de papa et après elle est partie. On les a mises dans le ventre de maman et elles ont grandi pour faire un joli bébé et ce bébé c'est toi". 

Un don ce n'est pas un contre don. Un don c'est sans rien attendre en retour. Un don c'est anonyme et  c'est gratuit en France. Un don d'ovocyte ou de sperme c'est l'envie d'aider un couple à avoir un enfant. Un don c'est tout de même un cadeau qu'on nous offre. Les dons du sang, les dons de moelle, les dons de cordon ombilical, les dons d'organe sauvent des vies. Les dons de gamètes permettent de la créer.


Lorsqu'on accède à une FIV avec don en France, en plus des protocoles des CHU, ils y a aussi des démarches légales notamment un passage devant le juge aux affaires familiales.  Elles visent à ce que "le tiers donneur" n'ait aucun lien avec l'enfant qui pourrait naître. Ça nous protège à tous. Pour moi la personne donneuse n'a rien à faire dans notre vie et n'attend rien de nous. 
Cet homme médiatisé, Arthur, issu d'une FIV avec don de sperme, a eu apparemment accès à l'identité de son donneur via des tests effectués aux USA . Par regroupement ensuite il indique avoir retrouvé celui-ci qui au téléphone aurait répondu : "Je suis content de te parler". Apparemment ils  auraient prévu de se rencontrer mais pour se dire quoi? Je suis assez dubitative. Lorsqu'on fait un don, on n'a pas de désir d'enfant associé alors pourquoi aller chercher des réponses d'ordre personnel chez cet inconnu(e) ?

Expliquer le processus du don et ne rien cacher à son enfant dès son bas âge est indispensable mais pour nous il n'y aura pas plus. On ne va pas créer un lien même imaginaire avec la donneuse, juste dire qu'elle a fait un geste pour nous. 

Nous aussi on s'est questionné sur le don de sperme mais en aucun cas j'ai envie que quelqu'un sonne à notre porte dans des dizaines d'années en disant, "je suis ton fils ou ta fille" car non ce ne sera pas le cas.

C'est peut être en faisant le constat du manque de donneurs et donneuses que certains couples receveurs accepteraient que la loi change ? Au CHU d'ici, le temps d'attente pour un don d'ovocyte n'a pas changé, c'est un délai de 2 ans. La loi a aussi élargi les conditions de don pour les femmes en l'ouvrant aux femmes sans enfant. Alors vous en pensez quoi?

11 commentaires:

  1. J'espère ne blesser personne avec ce commentaire, mais non, je ne donnerais pas mes ovules. Je suis de l’autre côté, je suis une fertile et je me suis posée la question. Je ne veux pas d’autres enfants, mais je ne peux pas donner mes ovules avec la législation actuelle. Je ne suis pas d’accord avec l’anonymat et je pense que les enfants ont le droit de connaître leur origine (si et quand ils le désireront). Pour l'adoption, par exemple, le droit de donner naissance sous X protège des enfants et leur permettre de naître dans des bonnes conditions et de trouver une famille. Mais pourquoi ne pas envisager aussi l'adoption ouverte (comment aux USA) ? Les parents sont bien les parents adoptifs, mais les enfants peuvent garder un lien avec les parents biologiques qui ne pouvaient pas les garder mais qui ne souhaitent pas disparaître. Pourquoi ne pas ouvrir deux voies ?
    J’ai une copine qui est passée par la pma et maintenant a un enfant adopté, elle a traversé des moments très durs comme vous toutes, les pmettes. Si on était aux USA, si elle l'avait souhaité/demandé, je lui aurais donné mes ovules, j’aurais porté son enfant… mais anonymement non, je ne peux pas.
    Les parents sont ceux qui élèvent un enfant, pas de doute sur ce point, pas ceux qui ont juste un lien génétique. Être un nom ou un mail sur un dossier, cela ne me dérangerait pas. Mais rien non, je ne peux pas. Bien sur, il faudrait que la législation protège encore plus les parents, qu'ils aient tous les droits.
    J’imagine un jour un adolescent avec un gros nez se poser des questions sur son visage et ne jamais savoir que son nez vient de un grand homme, un grand oncle avec un gros nez, mais aussi un grand cœur…
    Juste le fait d'avoir un nom sur un dossier pourrait rassurer ceux qui se posent des questions, même ceux qui ne feraient jamais des démarches pour aller plus loin.

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    1. même position et je suis surprise que ce post comme les commentaires se placent uniquement du côté des parents. Etre dubitatif qu'un être humain se pose des questions sur ses origines... un peu surprenant quand même.

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    2. Bonjour, je crois que nous n'avons pas le même postulat de départ par rapport au don d'ovocyte et je crois que je n'aurais pas le même aussi par rapport au don de sperme peut être. Je me suis positionnée sur le donc d'ovocyte pour cette FIV mais si ça avait été mon mari avec un souci, je ne sais pas comment j'aurais réagi par rappirt au don de sperme. Bref, pour répondre à la question de connaitre ses origines, on parle pour moi d'origine biologique vu le contexte actuel . Je sais des choses sur la donneuse Elle a traits physiques qui me ressemblent et au moment du don elle avait 34 ans. Après en l'état actuel de la loi elle est anonyme et a fait son geste dans ce contexte. Si des femmes sont prêtes à donner leurs ovules en précisant leur identité et des couples ok pour recevoir un don dans ce contexte, il faut peut être réfléchir alors à plusieurs options. Je crois que derrière il y a peut être aussi le fait de se sentir redevable. peut être aussi qu'il y aurait le garde fou du côté financier auquel il faudrait réfléchir. C'est l'idée d'un don qui pour moi est beau dans le geste. Avoir les ovules d'une proche de la famille ou d'une amie clairement je ne pourrais pas par contre. Mon désir de grossesse n'est pas aussi fort que ça et ne peut pas passer certaines barrières personnelles.
      Sur l'adoption, actuellement même avec un accouchement sous X, il peut y avoir les coordonnées de la personne ou du couple qui a abandonné l'enfant porté. Il peut y avoir un pli fermé avec l'identité et aussi une lettre. C'est je crois une fois sur deux, pas plus que le ou les personnes qui décident de l'accouchement sous "x" laissent quelque chose. L'enfant devenu grand , il me semble que c'est 16 ans peut y accéder de façon médiatisée via le CNAOP (Conseil National d'Accès aux Origines Personnelles). Alors ça ne fait as qu'il a juriquement d'autres parents, les parents sont les parents adoptifs mais il peut connaitre s'ils le désirent ses origines. A voir si elle pourrait exister en France notamment dans des adoptions de grands, mais l'adoption simple existe pour certaines adoptions faites à l'étranger. IL y a aussi des adoptions peut être plus particulières comme les enfants faamu en Polynésie Française. Actuellement sur le côté physique, mon petit gars a des traits que je ne saurais pas lui expliquer, je ne sais pas d'où viennent ses yeux ardoises, de quel côté de la biologie. On nous a dit que le père biologique était grand ... Ca ne nous avance pas beaucoup ... On sait aussi ses origines ethniques. Déjà nous avons des clefs pour lui parler un peu d'où il vient.

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    3. Je ne suis pas dubitative qu'on se pose des questions sur ses origines. Je me pose des questions sur le fait d'aller rencontrer la personne qui a donné et de la rechercher sachant que c'est un don anonyme des deux côtés

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  2. Coucou
    Je suis d'accord avec toi Monoî je suis pour un vrai anonymat
    Cela ma choqué ce gars médiatisé aussi ça doit être parce qu'on est du côté PMA je ne sais pas si on peut généraliser
    Mais moi le don ce n'est pas une attente en retour un don de moelle effectivement est anonyme comme le don d'organes et je vois les choses comme toi quand je donne quelque chose je n'attends rien en retour...
    Par contre parler de comment on en est arrivé a cela sa son enfant oui après nous on ne passera pas par le don je suis pas favorable par contre adoption oui et j'espère que le coup de fil va vite arrivé du coup...hihi
    Pour moi être parent c'est pas juste je donne un gêne c'est s'occuper d'un enfant lui donner le maximum le faire passer avant bcp de choses lui donner bcp d'amour l'élever éduquer etc... Mais ce n'est qu'un avis!���� lili

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  3. Pour avoir donner mes ovocytes l'an dernier, je suis complètement pour l'anonymat. Quand j'ai fait ce don j'ai voulu aider des parents qui ne peuvent pas "avoir naturellement" d'enfant mais je n'ai aucune envie de me dire que dans 20 ou 30 ans quelqu'un viendra me dire "bonjour je suis votre enfant...." Non ! mes enfants sont ceux que j'ai conçu et surtout élevé avec mon mari.
    Je suis d'accord pour dire qu'il faut raconter son histoire à l'enfant. Mais un don doit rester anonyme comme celui du sang après tout.
    Pour pouvoir dire qu'un enfant est le sien, je pense qu'il faut l'élever au quotidien, l'aimer et vivre chaque jour avec lui et le voir grandir.
    AB

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    1. Je pense aussi de cette facon autrement je n'aurais pas fait la demande de don. Tiens dis-moi qu'est ce qui t'a motivée à faire un don (en quelques questions on peut faire un post avec ton temoignaget

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  4. Je suis contente de vos commentaires il sont précieux pour avancer sur ce débat.

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  5. https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-07-fevrier-2018
    Très intéressant

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    1. Je vais écouter demain en podcast sur le chemin du travail

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  6. Et bien je n'ai pas pris le temps d'écouter encore. La maladie pas grave hein nous poursuit depuis les 15 derniers jours...

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Vos petits mots me font toujours plaisir :-)