vendredi 16 novembre 2012

FIV 6 : Du sang et des larmes

Si seulement cela pouvait être le titre d'une pièce de théâtre ou d'un film à suspense mais non, c'est ce que j'ai vécu cette semaine. 

Lundi soir, un petit flux qui commence à faire grandir le doute et le Man trouve des mots rassurants : "C'est peut être parce que tu as pris un bain hier (pas chaud, je précise) et que ça a un peu irrité le col (de l'utérus)". Je ne crois pas trop en ses paroles mais comme je ne ressens pas de douleur au ventre, j'essaie de contrôler mes émotions. Il n'empêche je pleure un peu et crie "Je ne veux pas les avoir perdus". Je n'ai goût à rien, mon repas me paraît insipide. 
Pour tenter de me rassurer, je parcours Internet et lis "25% des grossesses commencent par des saignements, cela inquiète souvent les femmes mais est anodin...". Je me dis "aller, je suis peut être dans ces 25 %" et puis "peut être qu'un seul des embryons s'est accroché et qu'on a juste perdu l'autre".

je passe une nuit un peu agitée, et un réveil difficile car les saignements se sont un peu amplifiés. Des larmes, du sang, le tout prend de l'ampleur. Je suis prête pour aller travailler, habillée, les yeux rouges et le nez de même mais impossible de passer la porte sans sangloter. Ce sera donc une journée de congés. J'essaie de faire bonne figure et mets du mascara waterproof. Il montre rapidement ses limites. Je ressemble à Pierrot...
Il s'en suit une petite matinée emplie de buée, kleenex, sopalin, et puis mes voisins (amis) viennent me serrer dans les bras, me bouger, ce qui me permet de passer à autre chose, de reprendre un peu de goût en cette journée. J'arrive à rire et à un peu profiter.

Par contre, je n'ai pas envie de dire aux proches que ça a encore échoué. Je n'ai pas envie d'entendre leur déception pour nous car je vais pleurer d'autant plus. Je commence à envoyer quelques textos, ça m'évite de parler. Je voudrais appeler ma maman mais j'espérais tant lui annoncer une bonne nouvelle qu'il me faudra un jour de plus pour lui téléphoner. Il y a une semaine et demie, elle nous amenait un repas réunionnais juste après le transfert des embryons, on était heureux d'avoir peut être "des petits" et désormais il faudrait inverser le curseur des émotions. Je trouve ça trop dur.

Bref, une journée assez mémorable. De celles qui demandent du courage, de celles qui bousculent, de celles qui cassent un rêve ...

Moi, j'y croyais en nos embryons, je les ai aperçus quand ils ont pris place en moi. Je partais confiante pour cette tentative pensant que le plus dur était d'avoir des ovocytes de bonne qualité. Mais non, le constat c'est aussi que mon corps ne permet pas à des embryons de se nicher, malgré l'endométriose réduite à néant et mes organes plus souples qu'avant. C'est une grande désillusion. C'est la sensation du vide. C'est la peur de ne pas pouvoir porter d'enfant qui prend le dessus. 6 embryons transférés et pas un seul qui s'accroche, ce n'est pas juste. Parmi les phrases sans réponse de cette journée il y a  : "Mais pourquoi on n'arrive pas à faire une chose si facile pour d'autres".

Mercredi matin cependant, je reprends un peu espoir car je ne ressens toujours aucune douleur physique et les saignements se sont arrêtés. Je me tâte le ventre histoire de me rassurer. Non, pas de tiraillements. Dans la minute où je me dis ça hop les vraies règles arrivent.

C'est sûr, c'est fini. "Les petits ont bien faits la malle". J'ai la tête à l'envers et mon travail m'attend ...

13 commentaires:

  1. Je suis vraiment désolée ... C est injuste ! Je t envoie toutes mes plus douces pensées ...

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    1. Oui c'est injuste. Maintenant il faut essayer de reconstruire un projet d'enfant avec plusieurs étapes et possibilités

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  2. Je suis vraiment désolée... Pourquoi tant de femmes restent sur le quai... Je ne comprend pas et ça me révolte!!!
    Je t'envoie du courage de l'autre côté de l'océan... Bises

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    1. J'espère trouver des réponses avec des examens complémentaires. 6 échecs d'embryon et 6 FIV on s'arrête et on réfléchit à la suite.

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  3. J'ai de la peine pour vous. Vous méritez tellement de connaître le bonheur d'être parent, je vous le souhaite sincèrement.

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    1. Bonne suite de grossesse pour toi et merci pour tes pensées.

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  4. Il ni a pas de mot à la hauteur de ta souffrance .......... Je t'envoie simplement beaucoup de courage.

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  5. Gros câlin qui réconforte... un peu...
    Toujours aussi émouvante quand tu écris.

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    1. Merci pour le gros calin, en ce moment c'est l'épaule du Man qui me réconforte le matin. Ha j'aime pas les réveils!!!!

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  6. Un mot de soutien..... Et des pensées....<3 pour continuer d'y croire.
    Stephanie

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  7. Ca fait mal... pas de mot (polis) pour exprimer correctement mes sentiments.
    Et puis tu les connais déjà en plus...
    Je suis là, pour les bons et les mauvais moments.
    Bisous ma Maylis.

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  8. Je sais ô combien cela est douloureux ....
    J'espère que vous réussirez cependant à être heureux un jour prochain ...

    Bon courage

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